Allocution du général Piquemal

llocution prononcée par le général C. Piquemal lors de l'hommage à l'aspirant Zirnheld, le samedi 17 novembre 2007 au cimetière des Batignolles.Allocution pour la cérémonie d'Hommage à André Zirnheld le 17 novembre 2007 au cimetière des Batignolles – Général (2S) C. Piquemal

 

 

  Aujourd'hui, en présence de Jean-Michel Zirnheld, son neveu, de Georges Caïtucoli, vice président de la Fondation de la France Libre, ancien SAS, et d'une importante délégation des sections UNP d'Ile de France, nous sommes réunis pour rendre un hommage solennel et fervent à André Zirnheld, auteur de la bouleversante "Prière du para". Ecrite le 1er avril 1938 alors qu'il était professeur de philosophie à Tunis, ce texte a été retrouvé par un de ses camarades dans une poche de son battle dress. Il venait alors de tomber glorieusement au Champ d'Honneur, entrant dans l’Histoire, dans sa vingt neuvième année, au retour d'un raid sur Sidi-Haneish, près d’El Alamein, le 27 juillet 1942. Il fut enterré en plein désert, sur le rebord de l'Ouadi, dans des escarpements de cinquante centimètres de haut. Le corps reposait dans une cavité été bouchée par des pierres et la tombe était faite avec une croix de bois portant l'inscription gravée au poinçon : "Aspirant Zirnheld André, mort au champ d'honneur le 27 juillet 1942".

 Il repose à présent, ici, au cimetière des Batignolles à Paris.   Vous le savez, c'est au milieu des drames, du fracas des armes et des déchirures de la seconde guerre mondiale que se sont illustrés pour la première fois les parachutistes français nés peu avant en 1935 dans l'Armée de l'Air. Ils firent partie des premiers à refuser l'oppression, à prendre les armes pour résister, ne pas subir et libérer notre pays.

 En rejoignant la France Libre dès juin 1940, André Zirnheld fut un des premiers à se lever, prendre les armes et à combattre jusqu'au sacrifice suprême. Comme tous ces premiers parachutistes, véritables soldats de l'insolite et de l'impossible, voués aux missions les plus risquées et les plus difficiles,  il a été marqué, sans doute plus que d'autres, par cette tragique période où la France tentait de reprendre son rang et sa liberté et de retrouver son honneur et sa fierté. Souvenons-nous parachutistes, des SAS de la Crête et du Capitaine Bergé en 1941, des déserts brûlants d'Egypte, de la Lybie, du French Squadron du Spécial Air Service et de la Cyrénaïque en 1942, des 3e et 4e SAS en avril 44 à Amherst, de Saint-Marcel et du colonel Bourgoin en juin 44.

 Tous ces paras se sont magnifiquement illustrés et ont été des frères d'armes d'André Zirnheld.   A l'origine, le texte trouvé sur André Zirnheld s'intitulait "Prière", mais il fut très vite adopté par les parachutistes qui, d'emblée, y retrouvèrent l'écho de leur âme : ce mélange d'abnégation orgueilleuse, de doute et de fureur, de désenchantement et de foi. Cette prière exprime en effet aussi parfaitement que possible l'esprit parachutiste. Et, près d'un demi -siècle plus tard, dans un monde et un environnement différents, il n'y a rien à y changer.

Elle est devenue cet étendard déchiré aux vents de tant de combats, ce credo douloureux qui sent le sable et la poudre.   Ce texte hors du commun, loin des considérations ordinaires ne peut que nous remuer, nous secouer en frappant de plein fouet, nos passions, nos rêves et nos peurs. Il exalte en nous les plus grandes vertus parachutistes : sens de l'honneur individuel qui se confond avec celui de la Patrie, sens de l'amitié qui le dispute à celui de sacrifice, courage physique et moral qui ne laisse pas de place à la lâcheté, la médiocrité et la faiblesse.   Incarnant l'idéal d'une existence donnée sans restriction pour le service de la France et la défense de la liberté, quoi qu'il en coûte, il témoigne et atteste comment les vertus chevaleresques peuvent continuer à vivre en nos temps si prosaïques. Il met en exergue le souvenir et la mémoire des héros du passé et ne peut que nous servir de guide et d'exemple dans les combats qui nous attendent aujourd'hui et demain… N'oublions jamais que "l'Esprit para ” qu'incarne André Zirnheld est un style de vie, une manière d’être qui trouve ses fondements et son expression dans la volonté de vaincre, de se surpasser, de servir, par fierté de ce que l'on Est et de ce qu'on représente.


Sans cet “esprit para” le parachutiste ne serait qu’un soldat aéroporté.
André Zirnheld nous a légué tout cela : des valeurs fortes et inaltérables et un formidable état d'esprit, communément appelé l'esprit para, où domine la conviction que dans la guerre la parachutiste est appelé à des exigen­ces plus dures, promis à des combats plus difficiles et à des sacrifices plus lourds que les autres. Il sait qu'il lui sera, par définition, demandé plus ou autre chose qu'aux autres. Il sait que l'on attend de lui, de son audace et de son efficacité combattante, l'exploit exceptionnel, l'entreprise téméraire, l'assaut décisif, la défense de positions intenables. Il sait enfin qu'il sera, le jour venu, l'homme des causes perdues et des situations désespérées.

Sa foi en lui-même se nourrit de son aptitude à souffrir. Autour de lui, l'ombre de la mort est plus épaisse et plus présente. Ce n'est pas en vain si, chez les parachutistes,  des strophes de la "Prière du para" prennent un accent de particulière gravité : Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste. Donnez-moi ce que l'on ne vous demande jamais et encore "Je m'adresse à vous, Mon Dieu, car Vous seul donnez Ce qu'on ne peut obtenir que de soi..."   

 En plus de l'esprit de corps et de communauté fraternelle, du culte du risque et de l'audace, du mépris des valeurs de sécurité et de confort, de l'acceptation du sacrifice et de la mort André Zirnheld nous a transmis en héritage l'éthique parachutiste. Cette éthique s'ins­crit souvent en opposition avec le code dominant d'usages, de pensées et de sentiments qui est au­jourd'hui celui des sociétés modernes de l'Occident. Elle peut apparaître dans une large mesure comme l'expression d'un défi. Mais c'est en cela même peut-être que, par un inévitable para­doxe, cette éthique parle toujours si puissamment aux imaginations et aux cœurs, notamment des jeunes. L'UNP a été créée à un moment où cela pouvait paraître un défi, dans le but majeur de recueillir et de garder intacte  l'image du Para qu'André Zirnheld par sa prière à léguer à l'Histoire ; image faite de droiture, de rigueur, d'efficacité mais aussi de fidélité à la parole donnée et à la raison pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis.

 A travers l'UNP, nous avons été, nous sommes toujours et nous devons rester les gardiens des valeurs qui traversent toutes les époques, celles de la France éternelle qui a longtemps été le phare du monde.

 Oui, aujourd'hui, fiers de notre passé et résolument tournés vers l'avenir, il convient, jour de mémoire, de souvenir, mais aussi d'émotion et de recueillement, de rendre d'abord un vibrant hommage à André Zirnheld, notre frère d'armes qui fait partie intégrante de la mémoire de notre peuple, mais aussi à tous ceux qui nous ont précédés, à ceux qui ont fait don de leur vie et de leur jeunesse à la France et ont porté "haut et fier" ses couleurs dans le monde. Que la Patrie se souvienne toujours de tous ceux qui n'ont jamais rien demandé. Dans le recueillement et la solennité, écoutons à présent l'émouvante prière qu'André Zirnheld a laissé à l'Histoire et aux parachutistes.   

Général (2S) C. Piquemal

Président national UNP

     

vendredi 21 décembre 2007 12:27


André Zirnheld , un héros de la France Libre

Blog de sas :ANDRE ZIRNHELD, LE DEVOIR DE MEMOIRE, André Zirnheld , un héros de la France Libre

 

     André Zirnheld (1913-1942)  Compagnon de la Libération - décret du 1er mai 1943               
 Croix de Guerre 39/45 avec 2 palmes
 Military Cross (GB)

Au cours d’un raid sur les arrières de l’ennemi dans le désert lybien, (Sidi Haneish), l’aspirant André Zirnheld, trouve la mort le 27 juillet 1942. C’est le premier officier parachutiste français du French S.A.S. Squadron tombé au champ d’honneur pour la libération de la France. Avant de l’enterrer de façon provisoire dans le désert, ses  camarades retrouvèrent dans la poche de son battle-dress un petit carnet qu’il ne quittait jamais. Ce carnet contenait une prière, écrite en avril 1938, alors qu’André Zirnheld était professeur de philosophie au lycée de Tunis. Plus tard, l’Aspirant Zirnheld s’était engagé au 1° Bataillon d’infanterie de marine en Palestine, puis, envoyé à l’École d’aspirants de Brazzaville, il y fut recruté par le Capitaine Bergé qui mettait sur pied les premières compagnies SAS. A l’origine, ce texte s’intitulait “ Prière ”, mais il fut immédiatement adopté par les parachutistes qui, d’emblée, y retrouvèrent l’écho de leur âme : ce mélange d’abnégation orgueilleuse, de doute et de fureur, de désenchantement et de foi. Le texte de l’Aspirant Zirnheld exprime en effet aussi parfaitement que possible l’esprit parachutiste. Et, près d’un demi-siècle plus tard, dans un monde et un environnement différents il n’y a rien à y changer, « la prière du para » continue jusqu'à présent de susciter et d’affermir la vocation, des parachutistes, toutes générations confondues.

Cette prière qui depuis est devenue l’une des premières évocations récitée, par les paras, chaque 29 septembre lors de  la  fête de St Michel, patron des parachutistes, les accompagne aussi qu’ils soient jeunes ou vétérans, lors de leur dernier saut sur la grande DZ 1

Image hébergée par servimg.com

C’est pour rendre hommage à André Zirnheld en tant que frère d’arme, et héros qui a donné sa vie pour la France, qu’une cérémonie a été célébrée le 17 novembre 2007, au cimetière des Batignolles dans le 17ème arrondissement de Paris. La cérémonie  présidée par le général de corps d’armée (2s) Christian Piquemal, Président de l’Union Nationale des Parachutistes, à été rendue en présence de la famille d’André Zirnheld, son neveu Jean-Michel Zirnheld et son épouse, de G.Caïtucoli, Secrétaire Général de la Fondation de la France Libre, ancien président des paras SAS, et de nombreuses délégations des sections U.N.P. avec leurs drapeaux.

Participation également de nombreux sympathisants et passionnés de l’histoire des parachutistes français.En plus des allocutions sur le devoir de mémoire envers André Zirnheld, « La prière du parachutiste » fut récitée sur fond musical de « Amazing Grace » donnant à la prière un maximum d’émotion. Le neveu d’André Zirnheld nous présenta non sans une certaine fierté le petit carnet dans le quel était écrite cette prière.

Les paroles échangées par les personne présentes dénotaient l’émotion que suscitait  le souvenir de ce héros de guerre, souvenir toujours vivant, 65 ans après sa mort, et la joie de pouvoir enfin se recueillir sur sa tombe.  En effet le rapatriement du corps d’André Zirnheld ne fut pas sans péripéties, comme l’a rappelé le général Piquemal. Oublié par l’armée française, sa tombe resta environ 2 ans dans le désert lybien avant d’être transférée au Caire  en 1945. Ce n’est qu’en 1955 après des démarches complexes que la famille Zirnheld put rapatrier les cendres d’André, en France, pour qu’elles reposent dans le caveau familial du cimetière des Batignolles de Paris. Bien qu’une cérémonie fut organisé avec quelques parachutistes SAS, ce retour en pleine guerre d’Algérie créa une situation étonnante d’oubli de notre camarade, qui se perpétua jusqu’à ce jour, bien que la prière fit partie du paquetage spirituel des paras.

Sur l’initiative d’un  para de la dernière génération, Jean-Michel Besson, ancien du 1er RCP et passionnés des parachutistes SAS, un appel sur Internet fut lancé.
La bouteille à la mer fut récupérée par Fabrice Vénérati, Secrétaire Général-adjoint de l’Union Nationale des Parachutistes. C’est ainsi que l’UNP prit l’initiative d’organiser la cérémonie du 17 novembre 2007 au cimetière des Batignolles à PARIS. L’anniversaire de cette  cérémonie est depuis cette année inscrit dans l’éphéméride du parachutiste, le 3e samedi de novembre de chaque année.

 

André Zirnheld, premier officier  parachutiste français mort au champ d’honneur, est enfin entré solennellement au Panthéon des Parachutistes près de l’Archange St MICHEL.

Reportage-vidéo : http://fr.youtube.com/watch?v=LBFm3KNrRhA

  CDT  ® Claude Millet amicaliste 1er RCP
Président  section UNP Lot-Aveyron

1   : langage spécifique des paras pour dire qu’un para a rendu son dernier souffle. DZ provient de l’anglais Dropping Zone, la zone de saut. 

 Autres Liens :

http://promotion.zirnheld.free.fr/zirnheldcadre.htm

http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/1036.html

jeudi 06 décembre 2007 14:57



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